Collection : Orfeo

Les Psaumes

La prose a pour moi le charme du film noir et blanc ; la poésie, le charme du film couleur. Les Psaumes de nos bibles sont composés de vers blancs inégaux, et pourtant c’est bien beau ! « Colorisés », c’est-à-dire traduits en vers classiques, les Psaumes ne seraient-ils pas magnifiques ?
Dans un premier temps, la lecture de vingt-cinq Psaumes pénitentiels tournés en « prose mesurée » par Blaise de Vigenère (1523-1596) m’a incité à chercher la rime. « Mange du miel, mon fils, car c’est bon ; un rayon de miel sera doux à ton palais » (proverbes 24 : 13). J’ai d’abord trouvé la rime pour vingt-trois d’entre eux, ainsi que pour soixante sentences tirées du Livre des Proverbes. Puis je me suis arrêté net. « Manges-en à ta faim ; garde-toi de t’en gorger, tu le vomirais » (proverbes 25 : 16).
Un an plus tard, les cent vingt-sept autres Psaumes ont pris à leur tour des couleurs.Plus le cadre est rigide, et plus il est facile au tableau de prendre place. L’abondance de contraintes permet un effet entonnoir : les mots coulent de source, pour ainsi dire. L’octosyllabe, dont s’est servi presque exclusivement Blaise de Vigenère, s’est imposé à ma plume, à quelques exceptions près, et la quasi-totalité des versets se sont répartis judicieuse- ment en quatrains avec rimes alternées. Des strophes plus longues, voulues égales pour faciliter leur mise en musique, auraient au contraire impliqué un délayage.
J’ai travaillé d’abord d’après la traduction de Vigenère, et d’après celle de Segond, qui m’est familière. Puis j’ai comparé ces deux versions avec celles de Crampon et de la Bible de Jérusalem. J’ai très peu consulté la version de Darby. Afin d’élargir ma palette, je me suis aidé aussi de la version de la Commission Internationale Francophone pour les Traductions et la Liturgie et, en de rares occasions, des adaptations de Clément Marot (1496-1544) et de Théodore de Bèze (1519-1605). Enfin, pour les complaintes (Psaumes 42-43, 55 et 69), j’ai procédé par touches successives, comme il sied à ce genre littéraire. Vieux de trois mille ans, les Psaumes nous parlent toujours. Nous pouvons y découvrir toutes les couleurs des passions qui nous animent. Je n’en dis pas plus car, comme le dit le proverbe, « Bouche close / En impose ; / Grande ouverte, / C’est ta perte ! (JEF)

Auteur Jean-Emmanuel François
Portaparole / 252 pages / 18,00 euros
Broché 120x195mm

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La prose a pour moi le charme du film noir et blanc ; la poésie, le charme du film couleur.

(JEF)

L’auteur.

(1955-2022)

Jean-Emmanuel François

S’adonne à la poésie dès l’enfance. Après le baccalauréat, il entre dans la vie active et dira bien souvent accomplir sa carrière d’homme de lettres à la Poste. Sa langue maternelle et la langue anglaise le passionnent. En 1984, il devient sonnettiste permanent. Frère des Trophées de son maître José-Maria de Heredia, son recueil Légendaire retrace l’épopée humaine depuis les temps mythiques jusqu’à nos jours. Puis, il traduit Les Psaumes, les plus beaux cantiques d’Outre-Manche, ainsi que Caïn, la pièce de Lord Byron.